Le lendemain de notre arrivée, on quittait déjà la Fortezza pour rejoindre notre destination finale: une petite maison près de la mer à 150km de là.
Avec Francesco, le frère de Letizia, on fait plusieurs fois l'allée-retour pour amener tous les bagages de tout le monde en bas et commencer à charger les voitures en vue du départ.
Comme c'est lui qui avait les clés des deux voitures, je lui demande de m'ouvrir celle de Letizia. Sa réponse:
- Je ne les ai pas, j'ai dû les rendre à ma soeur.
Je me refarcis tout le chemin jusqu'en haut:
- Leti, tu peux me donner les clés de ta voiture?
- Je ne les ai pas, c'est Francesco qui les a.
Ah.
J'aime cet instant magique de calme avant la tempête, lorsqu'on sait que tout va partir en vrille et que personne ne s'y attend.
Je redescends le château en roulé-boulé pour aller plus vite, atterri sur la place du village à coté de Francesco, je lui explique le problème et qu'il faut qu'on trouve vite les clés.
On cherche, on cherche, mais rien.
Dépités, on s'arrête pour faire le point et décider de la suite des évenements.
Et là, on les voit.
Les clés de la voiture.
Elles sont juste là, sous notre nez.
...
Enfermées dans la voiture.
CompaTina prend possession de mon corps:
- Fra... t'es dans la merde...
Deux heures plus tard, grâce au talent de Roberto (garagiste-carrossier-magicien-conseiller communal de son état) et accompagnés par les moqueries de tous les habitants du village, la voiture était enfin ouverte et les clés dans la main de son (à nouveau) heureuse propriétaire.
Francesco n'a plus osé toucher à un trousseau de clé de toute la durée des vacances...
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