Derrière la boutique, il y a une cour presque entièrement bétonnée, sauf le long des murs où poussent les oliviers les plus rachitiques que j'ai jamais vu (quelle idée aussi de vouloir faire pousser des oliviers en Belgique).
Je m'y trouvais hier, en compagnie de ma voisine d'à coté, en train de discuter. En retournant à l'intérieur, je remarque, sans vraiment y faire gaffe, une limace qui se dirige doucement mais résolument vers ma porte fenêtre.Je reprends le travail, car ce n'est pas ce qui manque deux semaines avant Pâques.
Pourtant, quelque chose cloche. J'arrive pas à me concentrer sur ce que je fais. Une arrière pensée me taraude. Que devient la limace?
Je n'arriverai pas à me retenir... A la première occasion, je retourne dans la cour, voir où elle en est.
Pas très loin, en fait: elle a dû avancer en tout et pour tout de 10cm.
Mais toujours dans la mauvaise direction!
Heureusement pour elle, je suis là!
Armée d'une brindille (parce que c'est quand même vachement dégoutant une limace), je la fais rouler délicatement sur un papier et je la dépose tout aussi délicatement au pied d'un olivier, où j'estime qu'elle sera mieux installée que sur le béton.
Je suis restée la regarder gambader, si l'on peut dire, dans son petit jardin à la recherche d'un abri, toute fière de moi-même et du devoir accompli.
Être un super-héros, c'est un état d'esprit!
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