Voilà une affaire rondement menée: j'ai réussi mon permis de conduire! Pourtant, ça n'a pas été faute d'essayer de le rater! Voici comment ça s'est passé.
J'arrive parfaitement à l'heure au centre d'examen (en STIB: à cause de la neige, je n'ai pas osé y aller avec Poulette) et je vois directement que quelque chose cloche: à l'extérieur c'est le désert. Là où, en général, ça grouille de voitures, de gens et de papiers de toutes les couleurs, il n'y a rien. Juste deux gars en train de déblayer la neige devant l'entrée. A l'intérieur, une dame pas trop souriante derrière une vitre m'annonce que les examens du matin ont été annulés à cause de la neige, mais que, peut-être, il y en aura l'après-midi.
J'attends, en passant quelques coups de fil. Une heure après mon arrivée, la nouvelle tombe: les examens reprennent. Presque au même moment, tel l'homme qui tombe à pic, mon moniteur arrive et donne un certain nombre de papiers à la dame pas souriante. Pendant qu'il me donne les derniers conseils avant d'être appelés, un type (qui s'avérera être mon examinateur) le prend à part. En fait, il se trouve que parmi les papiers qu'il a donné, il y en a deux différents pour l'assurance de la voiture, mais aucun n'est valable. Pas d'assurance, pas de voiture. Pas de voiture, pas d'examen. Pas d'examen, pas de permis. Pas de permis, ... pas de permis!
Mais Paolo Fox me l'avait bien annoncé, dans son horoscope du matin, que c'était une journée de chance: un autre moniteur de la même auto-école avait un véhicule en règle, mais toujours pas de candidat!
L'examen commence par les questions de base: feux PCR, clignotants divers, feux antibrouillard.
"Ha! Sur l'autre voiture, c'était là... Attendez une seconde je dois trouver le bon petit dessin."
"..."
"Les voilà!"
"... c'est ça."
Une petite virée sous le capot pour identifier le réservoir d'eau pour les essuie-glaces, et nous voilà parti. Ou presque: ma toute première action, après avoir mis le clignotant, a été de caler. Deux fois de suite. J'essaie d'en rire:
"Héhé, ça commence fort!"
Silence de tombe dans la voiture.
On commence notre petit tour; Bruxelles est méconnaissable sous la neige: je ne sais pas du tout où je suis et encore moins où je vais. Lorsqu'on me demande de faire demi-tour, je cale à nouveau.
"Héhé, décidément, j'arrête pas!"
Un ange passe.
Pour me garer, idem. Pas moyen de faire marche arrière sans caler. Et la neige ne m'aidait franchement pas: où est ce satané trottoir? Pratiquement garée, mais franchement agacée, je sors de là pour aller me garer plus loin.
"Parce que je vois rien, inutile que je m'énerve pour une place de parking."
La deuxième tentative passe comme une couque à la poste.
Déjà à ce moment-là, je pensais que c'était cuit. Mais alors, à 2 minutes de la fin, je fais un beau refus de priorité. Je m'en suis rendue compte en le faisant, mais c'était tellement plus fluide de continuer plutôt que de m'arrêter en plein milieu d'un carrefour pour faire passer une voiture elle-même déjà arrêtée! Le temps qu'elle démarre, je passais 2 fois! Non?
L'examen se termine; l'examinateur sort après m'avoir expliqué où je dois l'attendre, sans rien me dire d'autre (pour donner le verdict, ils attendent d'être au chaud dans le bureau, derrière une vitre de protection, les lâches). Il apparait quelques minutes après, derrière la fameuse vitre, et, d'un air pas convaincu, me dit:
"Ben, voilà, c'est réussi..."
"C'est réussi??? C'est super!"
"Mais il faut faire attention aux priorités de droite."
"Oui, oui."
Ravie, incrédule et sautillante, j'annonce la bonne nouvelle à mon moniteur, qui est tout aussi ravi et incrédule que moi, mais beaucoup moins sautillant, il faut l'avouer.
Dès que j'ai le papier officiel, je monte en Hollande un jour et une nuit. Qui vient avec?
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