Hier soir, en cherchant désespérément une place de parking près de chez moi, j'ai aperçu un homme couché sur le trottoir devant la petite église. Sûrement un soulard qui s'est écroulé de sommeil.
Je continue mon tour, je me gare à mille kilomètres de chez moi et je rentre en portant tant bien que mal tous les brols que j'avais avec moi. Je monte, je m'assieds dans le canapé, je m'apprête à me relaxer totalement, quand je repense à ce type. Et j'hésite: et si c'était pas juste un soulard qui dort par terre? et s'il avait besoin d'aide? et si? et si?
Me revoilà donc dehors, à remonter la rue pour arriver à l'église. Je m'approche du type, je dis d'une toute petite voix: "Monsieur, ça va?" et le type me répond en ronflant profondément et bruyamment, avec un petit filet de bave qui coule de sa bouche et forme une flaque sous sa tête. C'est donc bien un gars, très probablement saoul, qui dort dans la rue. Et à en juger par son aspect, ça doit être la routine.
Ce qui m'a vraiment frappé c'est qu'il tremblait de froid: c'était pas vraiment une nuit à dormir à la belle étoile à même le sol. Ne sachant pas quoi faire, j'appelle la police, pour expliquer la situation et avoir un conseil. Une patrouille arrive 5 minutes après et trois policiers totalement néerlandophones mais parfaitement bilingues, sortent de la voiture.
En trois minutes, ils ont réveillé le gars, demandé s'il voulait de l'aide et, après réponse négative, lui ont dit qu'il ne pouvait pas rester là et qu'il serait mieux de trouver un endroit plus réparé pour dormir. "Vous savez Madame, on ne peut pas aider ceux qui veulent pas être aidés."
Je comprends, mais je trouve ça triste.
Finalement, je me suis sentie stupide: j'ai dérangé pour rien et les flics et le type qui dormait plus ou moins paisiblement. Mais bon, se sentir débile ça ne tue pas. Par contre, j'encaisse mal l'inutilité de mon intervention: rien n'a changé.
Si jamais ça m'arrive à nouveau, j'aurai un meilleur réflexe: apporter une couverture.
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