dimanche 16 août 2009

Poulette chez les flamands


Samedi 15 août, premier long trajet avec Poulette : je suis partie à la mer avec ma super copine Sabrina.

Ma vision positive et optimiste de la vie fait qu'on démarre le cœur léger à 10h. On traverse Bruxelles, on monte sur l'autoroute: il y a pas mal de voitures, mais ça roule bien. J'appuie ravie sur le champignon pour profiter de la "puissance" de Poulette. 
Aaaaahhh, l'ivresse de la vitesse, j'aime ça. 

On discute, on rit, on s'imagine déjà en train de dorer sur la plage. Quand je m'aperçois que les voitures au loin freinent. On dirait une piste d'atterrissage, avec tous ces feux stop qui s'allument, les uns après les autres, créant ainsi une ligne lumineuse qui nous traverse nous aussi et continue bien loin derrière nous. Quelques mètres plus tard, nous nous retrouvons à l'arrêt.

Super! Mon premier embouteillage sur l'autoroute! L'ambiance est au rire, il fait beau, c'est férié et la mer n'attend que nous. On avance doucement pendant un moment, ensuite la circulation redevient fluide après avoir dépassé un contrôle de flics (qui, soit dit en passant, ne gênait nullement la circulation). Quelques minutes plus tard, même scénario de la piste d'atterrissage, même temps perdu et pire, même cause.

Pas grave! On change d'itinéraire! On part à l'aventure! Armées d'une carte et de tout l'enthousiasme dont on dispose, nous quittons la E40, direction la campagne flamande. Après quelques minutes de route normale, on comprend qu'on est pas les seules à avoir eu l'idée. On pousse le concept d'aventure plus loin et on s'enfonce encore plus dans la brousse, en passant par des petits villages. L'idée était bonne, mais le nombre incroyablement élevé de déviations nous a permis uniquement de revenir au point de départ, après avoir roulé une demi-heure...

Bon! Comme nos estomacs se réveillent (ben oui, il est déjà midi passé), on va chercher à manger! On remonte sur l'autoroute et on s'arrête au premier autogrill qu'on trouve. On pic-nique sur la pelouse, on se moque des touristes allemands qui sont si "beaux", Sab indique la route et me dit très sérieuse : "Regarde, à nouveau des ralentissements: c'est à cause de nous cette fois." "Hein? Pourquoi?" "Parce que les conducteurs ralentissent pour nous mater!".

On reprend la route et on arrive à Ostende sans problèmes. En deux temps, trois mouvements, on se gare, on arrive à la plage, on trouve une place pour se poser, on se met en maillot, on se tartine de crème, on fait la crêpe. 10 minutes plus tard, je sombre dans le sommeil. 
Aaaaahhhh dormir sur la plage, au soleil, bercé par le bruit de l'eau (et des 3000 gens autour de soi): aucun endroit n'offre de meilleur sommeil.

L'après midi se passe magnifiquement bien, avec tant de glace gigantesque, jeu de carte, "matage" à la plage et on a même mis les orteils dans l'eau (Sab: "Elle est bonne hein?" On doit pas avoir la même perception de la bonnitude de l'eau...)

On part manger au restaurant (je vous parlerai un autre jour du sens de l'accueil flamand qui nous a touchées profondément Sabrina et moi, au point que les séparatistes maintenant c'est nous!), décidées à partir vers 20h30, car avec mon permis trouvé dans un paquet de chips, je ne peux pas conduire après 22h pendant le we.

On remonte en voiture, on fait 100 mètres, je veux passer une vitesse et j'appuie sur l'embrayage. Qui n'offre aucune résistance. Aucune. Zéro. Nada. J'appuie dans le vide. 
Houston, on a un problème. 

Nous voilà donc, ma copine, ma voiture et moi, en panne en plein milieu de la route, à côté du Casino d'Ostende, à 20h30, un 15 août, qui de plus est un samedi. Style, on gêne pas du tout la circulation...

Et c'est évidemment dans des moments pareils qu'on découvre que :
1-il n'y a pas de triangle dans mon coffre (mais la boîte bien!);
2-Poulette ne bénéficie pas d'une assurance dépannage, mais seulement d'une assurance accident (j'aurais dû emboutir le type devant moi quand j'ai senti l'embrayage lâcher).

Un fou rire, une crise de nerfs et 10 appels plus tard, Mike le garagiste arrive nous dépanner, emportant avec lui ma Poulette. L'instant est grave: que va-t-elle devenir? Que vais-je devenir sans elle? On va boire un verre, Z vient nous chercher et voilà, fin de l'aventure, je rentre de la mer assise sur la banquette arrière d'une voiture qui n'est pas la mienne.

En attendant que cette semaine de la poisse se termine, je n'ai qu'une possibilité: dimanche, je bouge pas de mon lit.






Je voudrais chaleureusement remercier:
Sabrina, qui garde toujours son calme et son sens de l'humour;
Z, sur lequel on peut toujours compter;
les deux jeunes qui nous ont aidé à pousser la voiture;
Cécile de l'assurance, qui a été très rassurante et de bon conseil;
Mike, le premier flamoutch sympa qu'on a rencontré de la journée;
la serveuse du bar de vieux où on a terminé la soirée, dont la gentillesse a fait remonter le score des flamands.

Je ne remercie pas, et même, je les emmerde:les serveurs du restaurant où on n'a pas mangé;
les serveurs du restaurant où on a mangé;
les flics qui n'avaient pas envie de nous aider;
tous les passants qui n'ont pas voulu nous aider a pousser la voiture.

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