Il vous est déjà arrivé de rester coincé à l'extérieur de votre maison? Sans rien (GSM, portefeuille, t-shirt)? Juste avec la désagréable impression d'être vraiment con?
Ça m'est arrivé hier.
Phil et moi sommes allés à l'IKEA m'acheter un nouveau lit (et aussi les incontournables et inutiles bricoles supplémentaires sur lesquelles on craque une fois sur place). Tout se passe sans problème et même assez rapidement. On rentre et on monte tous mes achats au 4ème, en laissant trainer quelques emballages déchirés sur les autres paliers. On met tout dans ma chambre, je vais vite faire pipi et en sortant des toilettes je crie à Phil, que j'ai laissé dans la chambre : "Je descends récupérer les emballages avant que les voisins ne râlent."
Je sors, je ferme la porte car j'ai des chats fugueurs, je prends les escaliers et je croise Phil qui remonte avec les fameux emballages. On se regarde droit dans les yeux, quelque peu surpris de se rencontrer tous les deux dans les escaliers. L'évidence me frappe comme la foudre. Mais je ne veux pas y croire et je demande : "Tu n'as pas les clés?". Réponse : "Quoi? Tu as claqué la porte?".
On est coincé dehors.
Et comme on est malin, nous n'avons donné de double de nos clés à personne (ndr : aujourd'hui, c'est chose faite).
On appelle un serrurier (merci voisin du 3ème!). On attend une demi-heure, il arrive et je me dis: "Génial, ça va aller vite!". Mais, en fait, non. Comme la technique des cartes ne marche pas, il nous annonce qu'il faut trouer la serrure et la remplacer. Le monsieur sort sa foreuse. Ou plutôt sa foireuse, car ses deux batteries sont à plat et son outil ne perce donc rien, à part nos oreilles. Phil le remballe gentiment et reste zen. Moi non.
On appelle un autre serrurier (merci Gaëlle!). On attend une demi-heure, il arrive et je me dis: "Allez, cette fois ça va marcher!". Mais, en fait, non. J'ai comme un sentiment de déjà-vu: il essaie avec la technique des cartes, puis nous annonce qu'il faut percer la serrure et la remplacer. Il sort sa foreuse, qui a l'air de marcher convenablement, mais cette fois c'est le gars qui est un foireux : il casse la mèche dans la serrure. Et pour rattraper le coup, il y casse une deuxième mèche, celle avec laquelle il était sensé faire sortir la première. Phil reste toujours zen. Moi, je me demande s'il ne serait pas plus facile d'y aller à la hache. Avec la porte et avec les serruriers aussi.
Le serrurier appelle son collègue serrurier. On attend une demi-heure, il arrive et je me dis : "Je vais devoir vivre sur mon palier pour le restant de ma vie." Mais, en fait, non! Le collègue regarde le "travail" effectué, s'énerve un peu parce que c'est n'importe quoi, essaie quand même la technique des cartes qui ne marche pas. Finalement, il décide d'arracher un bout du chambranle. Phil est calme comme Bouddha. Moi je reprends espoir.
La porte s'ouvre enfin, tout est bien qui finit bien.
Pour me consoler de cette mésaventure, on monte mon lit. Easy game, en 10 minutes c'est fait. Je vais chercher le matelas en sautillant de bonheur, je le sors de son emballage excitée comme une puce, je fais un pas en arrière pour contempler mon œuvre et apprécier tout le confort et le bien-être que ce nouveau lit va m'apporter.
Et je reste figée.
D'horreur.
De honte.
De frustration.
J'éclate en sanglots: j'ai acheté un matelas trop petit...
VDM
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