samedi 29 août 2009

Raler, c'est la santé

On dit qu'on choisit ses amis, mais pas sa famille.

C'est faux! Comme en Belgique je n'ai pas de famille, alors j'en ai fondée une toute nouvelle rien qu'à moi. Parmi les membres de mon clan, le premier dont je vais vous parler est Simon. Cela pour une raison très simple: il m'en veut de ne pas encore l'avoir fait! ("Rien! Même pas un mot sur moi! Comme si je n'existais pas!")

Il faut dire que hier Simon était de mauvaise humeur. D'une mauvaise humeur accablante. C'est rare, mais ça arrive. Et donc il m'a téléphoné pour la partager. Car dans la Famiglia, on partage tout.

J'ai reçu son premier coup de fil peu après 16h. Ca n'allait pas car il n'avait toujours pas de net ("Et chez VOO c'est des incapables ... blablabla ... service clientèle de merde ...blablabla...") et qu'il était coincé chez lui en attendant d'aller bosser ("Là tout le monde travaille, donc j'ai rien à faire et après tout le monde fera la fête au moment où moi j'irai bosser ...blablabla..."). Comme j'étais au travail, on a dû raccrocher à chaque fois qu'un client rentrait. Mais je l'ai rappelé dès que je pouvais.

En sortant du travail, je suis passée faire un coucou à Serge. Là-bas, Simon m'appelle et râle parce que je l'ai toujours pas rappelé depuis la fermeture. Et comme je voulais raccrocher car je trouvais cela impoli de papoter avec lui au téléphone alors que j'étais chez quelqu'un d'autre, il a râlé encore un bon coup.

En sortant de chez Serge, je le rappelle direct et il m'engueule parce que c'est trop tard. Et sur tout le chemin jusque chez moi, il se plaint parce qu'il est pas mentionné dans mon blog; et aussi parce que j'ai raté d'enregistrer convénablement le truc sur les nazis; et aussi parce que j'ai du temps pour tout le monde ("Même les mères des autres!"), sauf pour lui; et aussi parce que...

Arrivée chez moi, on est passés au chapitre congés/vacances ("Si ça tombe, je vais pas partir ...blablabla... et tout le monde travaille pendant mes congés donc je vais m'emmerder ...blablabla...").

On a raccroché pour de bon peu avant 21h, car il devait partir travailler ("Et aujourd'hui c'est vendredi ...blablabla... ça va être la merde au boulot ...blablabla...").

Je n'ai pas pu faire grande chose pour améliorer son humeur, mais au moins maintenant j'ai parlé de lui dans mon blog.

Alors, chouchou, heureux?


NB: je tiens à signaler que même lorsqu'il râle, Simon est drôle. Et on a beaucoup ri au téléphone de tous ses malheurs. Je préfère le dire, sinon il va encore m'en vouloir de le faire passer pour un raleur!

jeudi 27 août 2009

L'âge légal

Hier, en sortant du travail, je me suis retrouvée face à un choix cornélien: droite ou gauche?

Rassurez-vous, rien de politique là-dedans. Juste un début de soirée: droite, je vais faire les courses; gauche, je rejoins mes amis en train de boire un verre. Il m'a fallu moins d'une minute pour atteindre et pousser la porte de l'endroit où ils se trouvaient.

Je me dirige d'un pas décidé vers le bar et je dis d'un ton enjoué:
"Bonjour! Un Coca Zéro s'il te plaît!"
"J'en ai pas" me répond la barmaid, d'un air pas très amical "mais j'ai du Light."
"Ah non, le Light c'est pour les gonzesses, merci."
"?!?"

Désemparée devant le manque de mon Coca fétiche, je me demande ce que je vais boire. Ehuuu... Je regarde la fille à côté de moi, qui a tout suivi :
"Salut! Tu me conseilles de boire quoi?"
"Un kirr à la violette!"
"Merci!" et je le demande à la barmaid, qui me regarde sceptique.

Elle revient, toujours sans sourire, mais avec mon verre; elle le dépose devant moi mais près d'elle: "Tu as une carte d'identité à me montrer?"
D'abord, je ne comprends pas la question; ensuite, un énorme sourire flatté se dessine sur mon visage...

Il me plaît ce bar, j'y retournerai!

mardi 25 août 2009

Meet the parents

Dimanche, je me suis réveillée relativement tôt pour aller profiter du soleil au Bois de la Cambre. Armée de tongs, lunettes de soleil, maillot de bain et crème solaire, je débarque dans un bois presque vide: beaucoup de joggeurs, mais pratiquement personne sur la pelouse. Bonheur: le havre de paix que je cherchais.

Après un moment d'hésitation pour décider où m'installer (trop de choix, tue le choix, c'est bien connu), je me pose en plein milieu de tout, loin des arbres et des sentiers. En trois minutes top chrono, ma séance de bronzage relaxant démarre. Snow Patrol comme musique d'ambiance, le ciel bleu au dessus de moi, la chaleur du soleil enveloppant mon corps, le moment est parfait. Je me croirais presque chez moi. D'ailleurs l'arrivée de footballeurs malpolis renforce ce sentiment d'être en Italie...

Quelques heures après, le bois s'est bien rempli et s'il n'y a plus autant de calme, au moins il regorge de distractions: la position trèèèèèès classe d'un type couché dans l'herbe un peu plus haut que moi, la cavalière et son cheval chanteur, un père qui joue à la balle avec son petit bout de chou comme on jouerait avec un chien (va chercher la balle que j'envoie bien loin et rapporte la), le vendeur de glaces qui fait un scandale à cause des serviettes (lui, il était clairement l'un de mes compatriotes!) ou encore les deux jeunes en train de jouer à un jeu inconnu, rappelant la pétanque, mais avec des boules carrées...

Vers 13h, je reçois un coup de fil d'un ami, qui me propose d'aller à une petite fête dans le jardin de ses parents. Excellente idée! Il passe me prendre chez moi et une fois arrivés à destination, j'ai le plaisir de rencontrer pour la première fois son père, qui me donne directement l'impression de quelqu'un qui sait faire la fête. On s'installe au soleil dans le jardin, on discute de tout et de rien, et en suivant les discussions, je réalise que clairement le fils a été fait avec le même moule que le père. Quant à moi, je papote beaucoup avec sa maman, un verre de rosé à la main.

Et soudain, j'ouvre les yeux.
Mais?!?! MAIS?!?!? Où suis-je? 
             Je suis dans mon lit, il est 4h du matin...
Mais?!?!? MAIS?!?!? Comment j'y suis arrivée??? 
             J'étais à une fête il y a 3 secondes...

Je réfléchis mais je me rends amèrement compte que:
1- je ne me rappelle de rien;
2- réfléchir, c'est trop dur;
3- je dois vomir.
Et je termine ma nuit avec mon ami le pot dans les bras.

Lundi matin, je n'avais pas fière allure: malade et honteuse, je suis restée au fond de mon lit à essayer de réactiver les quelques neurones rescapés de la veille. Et je vous donne en primeur le fruit de cette magnifique cogitation (attention! perle de sagesse en vue): boire à jeun = honte le lendemain. 

La bonne nouvelle, c'est que l'ami en question me parle toujours. Quant à sa famille, on verra bien...

mercredi 19 août 2009

Wanted

Ne tombez pas dans le piège: il ne s'agit pas de la mise à prix d'une tête qui ne me revient pas, mais d'un jeu de carte. Pas un simple jeu de carte, mais un de ces jeux auquel tout le monde aime jouer. Sauf moi.

Le principe est simple: chacun joue un rôle (shérif, adjoint, hors-la-loi ou renégat) et doit faire en sorte de réussir la mission liée à son rôle (le shérif doit buter tous les bad boys, l'adjoint doit protéger le shérif, les hors-la-loi doivent tuer le shérif et le renégat doit tuer tout le monde, en gardant le shérif en dernier pour le battre lors d'un duel final). Personne ne sait qui est qui; seul le shérif doit se dévoiler dès le départ, en accrochant son bel insigne (une étoile argentée) sur son torse (j'y tiens, c'est très classe).

Je parle de ça, car on y a joué l'autre soir chez Sérgio. "On" étant eux, car ce genre de jeu m'ennuie rapidement: comme les enfants, je n'arrive pas à rester assise et concentrée sur la même chose pendant longtemps. Au bout d'un moment, je commence à rêvasser... Par contre, je suis, en toute modestie, une groupie/coéquipière idéale: je ne discute pas les décisions, je félicite le stratège si l'action porte ses fruits, je le console et m'en prends aux autres si ça tourne mal.

Il y a 5 joueurs autour de la table, dans l'ordre: Ariane, Sérgio et sa groupie (moi!), Morgane, Chaton et Chatonne. Ariane est le shérif. Elle ne le sait pas encore, mais nous sommes son adjoint. En fait, elle ne le saura jamais de notre vivant dans le jeu...

C'est toujours la shérif qui ouvre le bal et ça commence fort: la première action d'Ariane est de nous tirer dessus... Bon, ça va, on comprend, il faut bien se lancer, pas de bol. On lui en tiendra pas rigueur. Les tours s'enchaînent et se ressemblent: Morgane déploie toute sorte d'armes et protections devant elle; les Chatons se tirent dans les pattes mutuellement; nous... ben nous rien, pas d'armes ni protections et quand on en obtient enfin, on nous les vole/détruit tout de suite; et Ariane continue allègrement de nous tirer dessus. Je veux bien que nous ne sommes pas très efficaces comme adjoint et que, de surcroît, tu ne sais pas que nous sommes ton bras droit, mais de grâce, arrête de nous flinguer à tout bout de champ!!!

Je commence tout doucement à me distraire, quand j'entends Chatonne invoquer le Jury, pour savoir si elle peut ou pas utiliser sa carte d'une certaine façon. Le Jury, c'est tout le monde: on réfléchit ensemble à la question et une fois la décision prise, tout le monde la respecte. Ca peut paraître un outil démocratique précieux, mais attention! son efficacité varie en fonction du taux d'alcoolémie des jurés. Je me rappelle d'une soirée chez moi, où une partie de Wanted est totalement partie en vrille, se transformant en débat: à chaque tour, la même question revenait. Les participants, complètement bourrés (et encore, c'est un euphémisme), ne se souvenant pas d'en avoir déjà discuté, reprenaient tout le processus (réflexion, discussion, décision) dès le début. Le tout, pour aboutir à la même conclusion. L'histoire ne dit pas si la partie est arrivée à son terme. Mystère et boule de gomme...

Pour en revenir à nos moutons, le Jury expédie la question de Chatonne en vitesse et la partie reprend. Pas pour longtemps. Pour Sérgio et moi, ça tourne vite au carnage: en quelques tours, on nous tue. Soyons précis: Ariane nous tue. Lâchement: on était même pas armés. On pourrait lui en vouloir, mais elle est tout aussi nulle que nous: en 2/3 tours, elle nous rejoint dans l'outre-tombe. (Bien fait! Ça t'apprendra à tuer tes amis!) Et ainsi se termine ce fantastique jeu que tout le monde aime et ce sont les méchants hors-la-loi qui ont gagné...

Bon, on se fait un whist?

dimanche 16 août 2009

Poulette chez les flamands


Samedi 15 août, premier long trajet avec Poulette : je suis partie à la mer avec ma super copine Sabrina.

Ma vision positive et optimiste de la vie fait qu'on démarre le cœur léger à 10h. On traverse Bruxelles, on monte sur l'autoroute: il y a pas mal de voitures, mais ça roule bien. J'appuie ravie sur le champignon pour profiter de la "puissance" de Poulette. 
Aaaaahhh, l'ivresse de la vitesse, j'aime ça. 

On discute, on rit, on s'imagine déjà en train de dorer sur la plage. Quand je m'aperçois que les voitures au loin freinent. On dirait une piste d'atterrissage, avec tous ces feux stop qui s'allument, les uns après les autres, créant ainsi une ligne lumineuse qui nous traverse nous aussi et continue bien loin derrière nous. Quelques mètres plus tard, nous nous retrouvons à l'arrêt.

Super! Mon premier embouteillage sur l'autoroute! L'ambiance est au rire, il fait beau, c'est férié et la mer n'attend que nous. On avance doucement pendant un moment, ensuite la circulation redevient fluide après avoir dépassé un contrôle de flics (qui, soit dit en passant, ne gênait nullement la circulation). Quelques minutes plus tard, même scénario de la piste d'atterrissage, même temps perdu et pire, même cause.

Pas grave! On change d'itinéraire! On part à l'aventure! Armées d'une carte et de tout l'enthousiasme dont on dispose, nous quittons la E40, direction la campagne flamande. Après quelques minutes de route normale, on comprend qu'on est pas les seules à avoir eu l'idée. On pousse le concept d'aventure plus loin et on s'enfonce encore plus dans la brousse, en passant par des petits villages. L'idée était bonne, mais le nombre incroyablement élevé de déviations nous a permis uniquement de revenir au point de départ, après avoir roulé une demi-heure...

Bon! Comme nos estomacs se réveillent (ben oui, il est déjà midi passé), on va chercher à manger! On remonte sur l'autoroute et on s'arrête au premier autogrill qu'on trouve. On pic-nique sur la pelouse, on se moque des touristes allemands qui sont si "beaux", Sab indique la route et me dit très sérieuse : "Regarde, à nouveau des ralentissements: c'est à cause de nous cette fois." "Hein? Pourquoi?" "Parce que les conducteurs ralentissent pour nous mater!".

On reprend la route et on arrive à Ostende sans problèmes. En deux temps, trois mouvements, on se gare, on arrive à la plage, on trouve une place pour se poser, on se met en maillot, on se tartine de crème, on fait la crêpe. 10 minutes plus tard, je sombre dans le sommeil. 
Aaaaahhhh dormir sur la plage, au soleil, bercé par le bruit de l'eau (et des 3000 gens autour de soi): aucun endroit n'offre de meilleur sommeil.

L'après midi se passe magnifiquement bien, avec tant de glace gigantesque, jeu de carte, "matage" à la plage et on a même mis les orteils dans l'eau (Sab: "Elle est bonne hein?" On doit pas avoir la même perception de la bonnitude de l'eau...)

On part manger au restaurant (je vous parlerai un autre jour du sens de l'accueil flamand qui nous a touchées profondément Sabrina et moi, au point que les séparatistes maintenant c'est nous!), décidées à partir vers 20h30, car avec mon permis trouvé dans un paquet de chips, je ne peux pas conduire après 22h pendant le we.

On remonte en voiture, on fait 100 mètres, je veux passer une vitesse et j'appuie sur l'embrayage. Qui n'offre aucune résistance. Aucune. Zéro. Nada. J'appuie dans le vide. 
Houston, on a un problème. 

Nous voilà donc, ma copine, ma voiture et moi, en panne en plein milieu de la route, à côté du Casino d'Ostende, à 20h30, un 15 août, qui de plus est un samedi. Style, on gêne pas du tout la circulation...

Et c'est évidemment dans des moments pareils qu'on découvre que :
1-il n'y a pas de triangle dans mon coffre (mais la boîte bien!);
2-Poulette ne bénéficie pas d'une assurance dépannage, mais seulement d'une assurance accident (j'aurais dû emboutir le type devant moi quand j'ai senti l'embrayage lâcher).

Un fou rire, une crise de nerfs et 10 appels plus tard, Mike le garagiste arrive nous dépanner, emportant avec lui ma Poulette. L'instant est grave: que va-t-elle devenir? Que vais-je devenir sans elle? On va boire un verre, Z vient nous chercher et voilà, fin de l'aventure, je rentre de la mer assise sur la banquette arrière d'une voiture qui n'est pas la mienne.

En attendant que cette semaine de la poisse se termine, je n'ai qu'une possibilité: dimanche, je bouge pas de mon lit.






Je voudrais chaleureusement remercier:
Sabrina, qui garde toujours son calme et son sens de l'humour;
Z, sur lequel on peut toujours compter;
les deux jeunes qui nous ont aidé à pousser la voiture;
Cécile de l'assurance, qui a été très rassurante et de bon conseil;
Mike, le premier flamoutch sympa qu'on a rencontré de la journée;
la serveuse du bar de vieux où on a terminé la soirée, dont la gentillesse a fait remonter le score des flamands.

Je ne remercie pas, et même, je les emmerde:les serveurs du restaurant où on n'a pas mangé;
les serveurs du restaurant où on a mangé;
les flics qui n'avaient pas envie de nous aider;
tous les passants qui n'ont pas voulu nous aider a pousser la voiture.

jeudi 13 août 2009

Lullino, le chat qui me veut du bien

Cette semaine n'est décidément pas la mienne : chaque jour apporte son lot de contrariétés. De plus, mon imminent bouleversement hormonal mensuel ne m'aide pas à relativiser les petits drames de la vie quotidienne. Et ça, c'est encore plus contrariant!

Heureusement, dans ces moments un peu nuls de la vie, je peux compter sur mes proches, qui encaissent ma mauvaise humeur, tout en m'en renvoyant de la bonne. Parmi eux, celui dont l'amour et la dévotion me touchent particulièrement est mon chat Marx (comme Groucho Marx des Marx Brothers), que en ce moment j'appelle Lullino (Carino Adoratino Pelosino Tenerino Stupidino plus tout autre mot italien se terminant par -ino: je suis une virtuose de l'enchaînement d'adjectifs!).

Je partage ma vie avec lui (et avec sa sœur Amao, dont je vous parlerai une autre fois) depuis plus de 6 ans. Pour le décrire en quelques mots, je choisirais : gros (attention, il n'y a que moi qui peux le dire), noir, poilu, lent et pacifique. Lullino aime : manger (de tout, même la salade et les frites), recevoir des bisous sur la tête, dormir dans SON fauteuil IKEA, chasser la mouche et lécher le plastique. Lullino n'aime pas : avoir son bol vide, se faire gratter violemment le ventre, être pris dans les bras, faire un quelconque effort physique n'impliquant pas de mouche.

On ne parle pas la même langue, on n'a pas les mêmes intérêts, on ne réfléchit pas de la même façon, on n'a pas les mêmes horaires ni les mêmes priorités (la sienne étant essentiellement manger). Et pourtant, on se comprend. J'irai jusqu'à dire qu'on s'aime, carrément.

Je rentre donc hier avec le moral frôlant le zéro absolu et après un moment passé à m'abrutir devant la télé, je vais me coucher (dans mon nouveau lit qui, après changement de matelas, est vraiment fantastique!). Je sais pas si c'est parce que je n'ai pas bougé, ou parce que je l'ai pas chassé, ou pour quelle autre cause tout à fait rationnelle n'impliquant pas la compréhension de ma situation par mon chat, mais le résultat a été le suivant : il m'a pas lâché. Il m'a bercé de son ronronnement, et a recommencé à chaque fois que je me suis réveillée pendant la nuit; il est resté près de moi, sa patte sur mon bras pour que je ressente sa présence, mais assez éloigné pour qu'on se gêne pas dans nos mouvements; à mon réveil, il était là, avec ses yeux d'or, ronds d'ahurissement comme d'habitude et il a émis ce son typique des chats qui ressemblait à une question : "Prrrrrr?" (Tu te sens mieux?). Bien sûr que je vais mieux Lullino : j'ai le chat le plus aimant de l'univers.

Vous vous dites peut-être que j'humanise trop mon chat. Et si c'était moi qui me CHATisais?

mercredi 12 août 2009

Femme au bord de la crise de nerfs

Il vous est déjà arrivé de rester coincé à l'extérieur de votre maison? Sans rien (GSM, portefeuille, t-shirt)? Juste avec la désagréable impression d'être vraiment con?

Ça m'est arrivé hier.

Phil et moi sommes allés à l'IKEA m'acheter un nouveau lit (et aussi les incontournables et inutiles bricoles supplémentaires sur lesquelles on craque une fois sur place). Tout se passe sans problème et même assez rapidement. On rentre et on monte tous mes achats au 4ème, en laissant trainer quelques emballages déchirés sur les autres paliers. On met tout dans ma chambre, je vais vite faire pipi et en sortant des toilettes je crie à Phil, que j'ai laissé dans la chambre : "Je descends récupérer les emballages avant que les voisins ne râlent."

Je sors, je ferme la porte car j'ai des chats fugueurs, je prends les escaliers et je croise Phil qui remonte avec les fameux emballages. On se regarde droit dans les yeux, quelque peu surpris de se rencontrer tous les deux dans les escaliers. L'évidence me frappe comme la foudre. Mais je ne veux pas y croire et je demande : "Tu n'as pas les clés?". Réponse : "Quoi? Tu as claqué la porte?".

On est coincé dehors.

Et comme on est malin, nous n'avons donné de double de nos clés à personne (ndr : aujourd'hui, c'est chose faite).

On appelle un serrurier (merci voisin du 3ème!). On attend une demi-heure, il arrive et je me dis: "Génial, ça va aller vite!". Mais, en fait, non. Comme la technique des cartes ne marche pas, il nous annonce qu'il faut trouer la serrure et la remplacer. Le monsieur sort sa foreuse. Ou plutôt sa foireuse, car ses deux batteries sont à plat et son outil ne perce donc rien, à part nos oreilles. Phil le remballe gentiment et reste zen. Moi non.

On appelle un autre serrurier (merci Gaëlle!). On attend une demi-heure, il arrive et je me dis: "Allez, cette fois ça va marcher!". Mais, en fait, non. J'ai comme un sentiment de déjà-vu: il essaie avec la technique des cartes, puis nous annonce qu'il faut percer la serrure et la remplacer. Il sort sa foreuse, qui a l'air de marcher convenablement, mais cette fois c'est le gars qui est un foireux : il casse la mèche dans la serrure. Et pour rattraper le coup, il y casse une deuxième mèche, celle avec laquelle il était sensé faire sortir la première. Phil reste toujours zen. Moi, je me demande s'il ne serait pas plus facile d'y aller à la hache. Avec la porte et avec les serruriers aussi.

Le serrurier appelle son collègue serrurier. On attend une demi-heure, il arrive et je me dis : "Je vais devoir vivre sur mon palier pour le restant de ma vie." Mais, en fait, non! Le collègue regarde le "travail" effectué, s'énerve un peu parce que c'est n'importe quoi, essaie quand même la technique des cartes qui ne marche pas. Finalement, il décide d'arracher un bout du chambranle. Phil est calme comme Bouddha. Moi je reprends espoir.

La porte s'ouvre enfin, tout est bien qui finit bien.

Pour me consoler de cette mésaventure, on monte mon lit. Easy game, en 10 minutes c'est fait. Je vais chercher le matelas en sautillant de bonheur, je le sors de son emballage excitée comme une puce, je fais un pas en arrière pour contempler mon œuvre et apprécier tout le confort et le bien-être que ce nouveau lit va m'apporter. 

Et je reste figée. 
D'horreur. 
De honte. 
De frustration. 

J'éclate en sanglots: j'ai acheté un matelas trop petit...

VDM

dimanche 9 août 2009

C'est culturel

Tous les jours depuis l'arrivée du beau temps, j'assiste à un spectacle navrant : les belges, ils ne savent pas manger la glace en cornet.

Je ne vais pas me lancer dans le débat de la qualité, du savoir-faire ou de la tradition de la glace : trop facile pour quelqu'un venant d'un pays mondialement réputé pour l'excellence de ce produit. Ce qui m'intéresse, c'est la technique employée, voire déployée, pour la manger. Ou plus précisément, j'aimerais parler de l'absence totale de technique.

Combien de t-shirts ai-je vu se faire agresser par du chocolat? Combien de bras dégoulinant de vanille jusqu'au coude? Combien de boules de glace entières faisant le saut de l'ange du cornet? Sans parler des nombreux attentats à la boule de glace dont ma glacière et moi-même avons été victime. Un carnage.

Ce qui m'étonne le plus est l'ampleur du phénomène. Tout le monde est concerné: hommes et femmes; adultes et enfants. Et encore plus stupéfiant: les enfants, ne maîtrisant pas encore la "technique" à cause de leur gaucherie naturelle, s'en sortent souvent bien mieux que les adultes.

Afin d'améliorer cet état de choses, voici les 3 règles d'or du mangeur de glace, telles qu'on se les transmet de génération en génération dans mon pays.

Règle d'or n°1 : On ne mange pas une glace, on la lèche. Sur tout son contour, en la tournant régulièrement. La maîtrise du contour de la glace permet d'éviter d'inutiles lessives.

Règle d'or n°2 : On incline pas la glace, on la garde bien droite. Car elle ne se plaît à rester sur le cornet que s'il est parfaitement perpendiculaire au sol. La maîtrise de l'inclinaison permet d'éviter que les boules de glace ne tombent.

Règle d'or n°3 : On paie sa glace avant de la prendre, et surtout pas après l'avoir prise. Ceci pour éviter de se retrouver à fouiller dans son sac, déposé en équilibre sur un genoux, avec le cornet dans une main et les clés de la voiture dans l'autre. Et du portefeuille, même pas encore l'ombre. La maîtrise du timing du paiement permet de s'attaquer tout de suite à la glace et donc de mettre en pratique les règles d'or n°1 et n°2 sans attendre.

Ces règles sont toujours vraies. Ne pas en respecter ne fût-ce qu'une seule mène irrémédiablement à mettre de la glace : contre la vitre de la glacière (un classique), sur vos vêtements (très souvent), par terre (souvent), sur les cheveux de votre fils (parfois), voire dans votre propre sac (rare, mais hilarant!). Par contre, en les appliquant scrupuleusement, la glace peut enfin devenir le plaisir qu'elle doit être, sans aucune arrière-pensée concernant une machine à laver.

Si même avec ça, vos performances de mangeur de glace ne s'améliorent pas, s'il vous plaît, PRENEZ UN RAVIER.

jeudi 6 août 2009

Punaise rime avec ... ?

L'été est de retour dans ce triste et surréaliste pays qu'est la Belgique. Depuis mardi, il fait chaud et plein soleil. Je n'exagère pas en disant que c'est ça, la vraie vie!

Travaillant toute la journée dans un frigo, je me suis dit que j'allais profiter des derniers rayons de soleil après 19h. Je suis donc partie en direction du Parc du Rouge Cloître. Vous connaissez? Et ben, moi, je connaissais pas. 12 ans que je vis à Bruxelles et je connaissais pas ce super endroit qui se trouve, à tout casser, à 10 minutes en voiture de ma maison. J'y rentre à pied par un petit chemin qui semble dire : "Laissez votre stress sur la route, Ô vous qui rentrez!". Super, exactement ce que je cherchais!

En me baladant, je tombe sur plein de bâtisses plus ou moins bien entretenues, qui ont surement un intérêt historique ou culturel quelconque (qui me passe au dessus de la tête), le tout agrémenté par plein de travaux. Ça m'a fait rire de voir qu'ils sont en train de reconstruire des nouveaux murs avec des nouvelles briques, qui seront par la suite recouverts par les anciennes briques qui formaient les murs de l'époque. Côté vieux murs et vieilles pierres, dans mon pays on se contente d'essayer de les entretenir le mieux possible... et ils sont là depuis 2000 ans!

En continuant de marcher j'arrive à un étang, où il y a des pêcheurs. Je suis assez surprise d'apprendre qu'il faut un permis de pêche pour pêcher. Un permis de chasse, je comprends car on est armé, mais un permis de pêche? Il y a eu beaucoup de meurtres ou accidents mortels à l'hameçon? Connaissant les belges, en fait, ça m'étonnerait pas...

Je vais m'installer sur un banc au bord de l'eau, en compagnie d'une bonne bouteille qui se renverse à moitié par terre (elle a tout fait toute seule, cette bouteille, je n'y suis pour rien, elle s'est rebellée face à son destin, et elle m'a bien eue!). Et c'est quand même avec un verre à la main que je profite de la nature : le bruit de l'eau, le ciel avec des nuages en forme de petits moutons, les canards qui volent ou nagent, les poissons qui sortent la tête de l'eau pour faire coucou, les mini crapauds rouges qui font à peine 2 cm, j'ai même cru entendre une chouette. Et surtout, le bruit de l'autoroute pas loin...

Dans l'eau, il y a plein de petites bestioles qu'on appelle en italien des punaises d'eau : elles ressemblent à des araignées avec moins de pattes (ouf!) et au bout des pattes, on dirait qu'elles ont des patins en tissu, comme ceux que ma maman m'obligeait à porter à la maison quand elle avait ciré par terre, pour ne pas laisser de traces. Je m'absorbe dans la contemplation des punaises d'eau, qui glissent presque artistiquement sur la surface de l'étang. Soudain, un mouvement un peu plus chaotique et moins fluide attire mon attention : cette punaise là, elle doit être saoule, car elle se dirige sur l'eau comme un gars bourré conduirait une voiture: droite, gauche, en avant, en arrière, arrêt, redémarrage, etc.

Je regarde donc de plus près, et je me rends compte que cette punaise n'est pas seule, mais a une autre punaise sur le dos... En fait, elle n'est pas du tout bourrée : elle baise! Amusée, un peu gênée et surtout envieuse, je regarde cet échange amoureux pendant les quelques secondes que ça dure, avant de me décider à partir.

Sur la route du retour, je me demande : Si punaise rime avec baise, Valentina, ça rime avec quoi?

dimanche 2 août 2009

Le vieux et les pigeons

Aaahhhhh... Décidément, j'aime les dimanches! C'est le seul jour de la semaine où rester dans son lit, déambuler en pyjama toute la journée, se lever juste pour aller se recoucher dans le canapé devant un bon vieux film chinois en VO et, plus généralement, "rien faire" sont des choix tout à fait envisageables et réalisables.

Donc, pour bien illustrer ce concept de farniente du dimanche, je suis allée me crever au sport avec Phil et Serge. Après direction le resto (histoire de reprendre toutes les calories perdues!) avec Phil, Serge devant se préparer pour sa super soirée Bollywood (AHAHAH!).

Nous voilà installés à la terrasse du Café de l'Unif. A coté de nous, un vieux. Pas un vieux comme nous, mais un vrai vieux : environ 70 ans, lunettes épaisses, canne, habillé dans les couleurs typiques de la vieillesse et comme si on était en hiver (veste, pull, gilet, chemise, surement un thermolactyl en dessous), seul, avec son café et sa nostalgie du bon temps passé.

Nous, on commande, on discute de la vie, de l'univers et du reste (mais surtout de l'univers!), on commence à manger et soudain je remarque les pigeons près de la table, qui guettent la moindre miette qui en tomberait.

Il faut savoir que je suis très chochotte des animaux et je m'inquiète tout le temps de leur bien-être : n'importe quelle bestiole, de l'escargot à l'éléphant, qui marche tranquillement dans la rue me donne des palpitations : va-t-il se faire écraser? est-ce qu'il est perdu? est-ce qu'il est heureux? Pourtant, je prône purement et simplement l'extermination des pigeons, stupides et inutiles volatiles, qui encrassent la ville et me chient dans les cheveux.

Ce n'est malheureusement pas le cas des vieux, qui trouvent dans le pigeon un sympathique compagnon de terrasse : le pigeon ne demande que des miettes et s'il les a, il vous porte toute son attention, sans retenue. Le vieux donne donc à manger à ses amis les pigeons. Phil, en citoyen modèle qu'il est, le regarde et lui dit : "Vous savez, c'est interdit". Et le vieux de se lancer dans une explication abracadabrante comme quoi il leur donne le reste des bretzels des autres, ceux qui sont dans le fond du bol, parce que c'est dégueulasse de manger ça et donc, pour garder que les frais, il jette le fond aux pigeons.

Phil, agent de la brigade de la miette, insiste et assène : "N'empêche, c'est vraiment un délit." (Et quoi? On l'arrête? On lui met un PV? On lui casse la gueule?) Le silence s'installe, la discussion semble être close.

Pourtant le vieux commence à raconter d'un air sérieux et nostalgique : "Vous savez, - pause théâtrale - les pigeons me font penser à ces jeunes en voiture, vous voyez? Avec de la musique disco (DISCO???) à plein volume, arrêtés au feu rouge et qui bougent leurs têtes comme ça...". Et là, il agite sa tête de haut en bas, avec le mouvement de cou et d'épaules qui va avec, comme un pigeon (ou un jeune, c'est selon), en tenant un volant virtuel entre ses mains.

Silence gêné.

Mais??? Il nous fait une blague là?!?!?! On commence à rire. Parce qu'on est poli. Et surtout parce qu'on en revient pas d'assister un spectacle pareil: un vieux qui fait une farce.

Je repars de ce restaurant le cœur rempli d'espoir : à 70 ans, on peut encore être drôle. Ou du moins essayer.

Rassurant, non?

samedi 1 août 2009

"Je vais pas trop boire et je vais rentrer tôt" ou la malédiction de la fête

Le bon vieux Caps a enfin, lui aussi, rejoint le cercle très select et très chic des 30naires. Et, évidemment, il a fait une fête digne de sa réputation : INoubliable! (IN, car c'était la classe; oubliable, car le lendemain il faut se mettre à plusieurs pour reconstituer la soirée...)

Il a organisé ça un vendredi soir, qui est le jour de sortie habituel de tout le monde, sauf de moi, car je bosse le samedi.

Malgré l'hésitation, je ne pouvais pas rater un tel événement (j'aime me moquer des gens qui vieillissent!). J'ai donc décidé de m'y rendre quand même, en prenant toutefois la résolution suivante : "Je vais pas trop boire et je vais rentrer tôt!".

Erreur fatale : ne jamais défier la fête en annonçant vouloir la faire calme, car, d'office, sa malédiction s'abat sur les pauvres mortels que nous sommes, et cela sans merci.

La fête agit en traître : on croit la maîtriser, mais en réalité, c'est elle qui nous domine; on prend "juste encore" un verre, sans se rendre compte qu'on a déjà bu le verre de trop il y a une heure; on reste "juste encore" 5 minutes, mais le temps est relatif et 5 minutes se transforment en 2 heures... Difficile de s'échapper du piège diabolique de la fête.

Et quand, enfin, on arrive à s'enfuir et à rentrer chez soi, la malédiction vous arrête sans raison dans le hall de l'immeuble, où vous restez accroupi, dans le noir, à réfléchir. Si proche et pourtant si loin. Et c'est là, que vos voisins de palier rentrent :
"Vous êtes restée coincée dehors?"
"Non, non, je fais juste une bonne vieille réflexion du vendredi soir sur la vie..."
"... Ah... Ok... Euh... Bonne nuit alors... (Rires)"

Ce matin, le réveil a été dur : la barre en travers de la tête, l'estomac retourné, la bonne haleine de vieille bière. Sans compter, éparpillées un peu partout dans le lit, les miettes de la biscotte que j'ai dû vouloir manger en me couchant, mais que ma bouche a, visiblement, totalement raté...

Maintenant je suis au travail, avec mon fidèle ami de mille aventures : j'ai nommé Dafalgan 500. Malgré la fatigue, je suis heureuse d'être allée à cette fête et d'avoir été "maudite" : 30 ans, c'est un cap important et le passer en compagnie de ses amis est la meilleure façon de devenir vieux!

Joyeux annif Caps!